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      Notre citoyenne du monde a connu des dizaines de pays, dont -nous l'avons déjà dit- le Kenya où, à la suite d'un mariage riche, elle a pu évoluer dans la grande bourgeoisie, étudier à l'université locale et s'adonner à la peinture sur mosaïque avec des expositions de luxe autant qu'élitistes à travers le monde, de l'Afrique du Sud aux États-Unis : « Kenya, la terre rouge : tes nuages d'acier : Kenya, Kenya, tu bouges / on ne peut le nier / (…)/ tes rochers, tes babouins / tes prédateurs humains / feront de toi un jour / un appel au secours » (Karibu). Mais à la suite d'un terrible accident de voiture et du handicap physique qui en a résulté, Suzy a découvert un autre monde : celui des souffrants et des marginaux qui lui a permis de constater que si d'aucuns fréquentes les salles de musculation, d'autres - dont elle sera - préfèrent cultiver leur liberté à travers les différentes formes artistiques : «Oui, la liberté est une perle rare qui a un prix fou ! »
         Suzy redécouvre aussi   « 
Bruxelles en mariée  /  au regard timide  /  sous ton voile de tulle  /    tu as les yeux humides  /  (…)  /  Bruxelles, tu déploies ton charme  /  et ta blancheur perfide   /   brille comme une nymphe, immaculée, sylphide / Bruxelles élégante, Bruxelles arrogante / sous la poudre de riz » (Bulle de neige).
Et puis le cancer… mais, heureusement, elle va s'en sortir, plus forte : « Comme le suggérait Nietzche,''celui qui ne meurt pas d'une souffrance en sort renforcé''…mais tout de même affaibli physiquement ! Oui, ma force s'est développée, ma sensibilité en est devenue plus forte, plus nuancée. Avant, j'avais besoin du regard des autres pour grandir. J'ai dépassé ce stade infantile, même si, bien sûr, un compliment, une gentillesse me touche : je n'ai rien d'une déesse, je suis une humaine…  ».

         
Une humaine avec ses angoisses. Quelquefois, dans l'épreuve du cancer, un sentiment de Solitude : « Seule dans ma cabine / les nichons dénudés / j'attends comme une gamine / un mystère éludé / (…) / Serais-je la victime de mes seins compressés ? / Sera-ce la chimio, vais-je perdre mes cheveux ? / Je prie, je tremble et puis fais des vœux / Papa, papa, protège-moi, toi mon géniteur / Papa, écoute-moi / Papa, papa, j'ai peur ». Ou dans Horizon funèbre : « Bordet, septième étage, chambre 17 / J'ai mal au ventre : c'est seulement le premier set / (…) /Serré dans les bras de ma douce Sophie / J'ai sangloté d'amour, relevé le défi / Mais pendant cette nuit, solitaire dans ma grande chambre / J'en vois de toutes les couleurs et j'ai les mains qui tremblent / L'amour peut s'expliquer / La douleur reste indicible / A quoi bon répliquer / Quand tu n'es plus que cible ? »
       
Alors qu'elle souffre physiquement et moralement, Suzy retrouve un plaisir qui va s'imposer comme un mode d'expression plus important que la peinture ou la décoration : « un plaisir très solitaire », celui de l'écriture, que, d'ailleurs, elle pratiquait depuis sa plus lointaine enfance : «  la souffrance du cancer / Quand tu es dans cette espèce de tunnel dont tu ne sais si tu vas sortir ou non, l'écriture est quelque chose d'extrêmement curatif. Les femmes qui ont eu ça ou qui ont ça, doivent y trouver une lueur d'espoir. J'en suis sortie et je reste solidaire des autres. J'ai connu des moments de trouille épouvantables et je ne les ai finalement confiés qu'au seul papier ! »